Projet pilote REDD Cameroun

Description générale

Contexte

Le Plan d’action de Bali de 2007 a encouragé des parties à élaborer des projets pilotes pour évaluer la faisabilité d’un mécanisme REDD potentiel. Avec le parrainage de l’Agence spatiale européenne (ASE) et dans le cadre de l’Elément de service de GMES pour la surveillance des forêts un projet pilote a été développé pour le lancement et l’épreuve de REDD au Cameroun avec la consultation des utilisateurs et l’adoption en 2007. La phase initiale du projet a été limitée à l’analyse des besoins des utilisateurs ainsi qu’à la surveillance du couvert forestier et du changement de couvert forestier en utilisant la technologie de télédétection. Le projet a bénéficié plus tard de l’appui de la Banque allemande de développement (KfW) et de la Corporation Technique Allemande (GTZ) et a donc étendu ses activités en intégrant les évaluations des stocks de carbone sur le terrain et la formation des capacités en matière de la comptabilité de gaz à effet de serre. La prolongation financés par la KfW comprend 2 ans et dure de l’Octobre 2008 au Septembre 2010.

Objectifs et Activités

L’objectif principal du projet pilote au Cameroun consiste à établir un système pré-opérationnel pour la comptabilisation du carbone dans le cadre de REDD et à soutenir le processus de préparation de REDD. Les objectifs sont plus spécifiquement: la création d’une plate-forme pour renforcer le dialogue entre les parties prenantes clé; identifier les opportunités pour les systèmes d’incitation nationaux; détecter et évaluer le couvert forestier et les changements du couvert forestier; développer des outils pour établir des projections de référence de la déforestation et dégradation forestière; renforcer les capacités nationales en matière de comptabilité des stocks de carbone; et encourager les échanges internationaux (coopération sud-sud) entre le Cameroun et la Bolivie.
 

Sur la base des objectifs du projet les éléments constitutifs suivants ont été identifiés:

  • Analyse des parties prenantes et arrangements institutionnels 
    • Identification et consultation des parties prenantes clé du processus REDD
    • Etablissement d’un comité de pilotage du projet qui allait plus tard servir de forum pour la création d’un comité de pilotage national REDD
    • Elaboration d’une architecture de coordination nationale REDD
    • Sensibilisation des parties prenantes clé au processus REDD
  • Cartographie de la déforestation et dégradation 
    • Cartographie de la superficie forestière nationale et du changement du couvert forestier (1990-2000-2005) s’appuyant sur l’analyse de télédétection
    • Projection spatiale de la déforestation
    • Cartographie des points principaux de la dégradation dans les unités d’aménagement forestier
  • Comptabilisation des émissions du carbone 
    • Etablissement d’un protocole pour la comptabilisation de la biomasse s’appuyant sur les inventaires de terrain
    • Stratification forestier en utilisant des bases de données du niveau 2 et 3
    • Bilan des stocks de carbone par hectare et estimation du facteur de dommage du à l’exploitation du bois
    • Modélisation économétrique pour obtenir de projections des niveaux futurs de la récolte du bois pour les classes de dégradation différentes et des émissions nettes correspondantes des gaz à effet de serre
  • Renforcement des capacités quant au suivie du carbone 
    • Evaluation des capacités institutionnelles et organisationnelles pour la surveillance du carbone
    • Evaluation des capacités infrastructurelles et humaines pour la surveillance du carbone
    • Elaboration d’une stratégie de renforcement des capacités pour la surveillance du carbone
    • Développement des modules de renforcement des capacités sur la cartographie du couvert forestier et sur l’évaluation de la biomasse

Résultats

Les principales réalisations du projet pilote REDD au Cameroun (2008 - 2010)

L’objectif général du projet était d’aborder les questions méthodologiques dans l’application de l’observation de la terre (OT) pour l’évaluation de la déforestation et dégradation des forêts au Cameroun, ainsi que la mise en œuvre d’une enquête terrestre pour la comptabilisation du carbone dans les zones d’aménagement forestier. Le projet a encouragé une coopération sud-sud en appliquant au Cameroun les expériences obtenues dans le suivi de la déforestation et la comptabilisation des stocks de carbone en Bolivie. Dans le cadre du projet, le transfert de technologie a été réalisé par le renforcement des capacités des homologues locaux. Tout au long de l’implémentation du projet, les principales lignes directrices pour la fourniture des activités techniques étaient basée sur le Guide des bonnes pratiques (GPG) du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) de 2006, tel que recommandé dans les réunions du SBSTA et de la CdP.

Le suivi et la cartographie des changements du couvert forestier

Les problèmes de la déforestation et dégradation se trouvent au centre du processus REDD et ont été un élément clé du projet pilote REDD au Cameroun. L’objectif global de l’activité de cartographie du déboisement pour le projet pilote REDD au Cameroun était de développer et de tester des méthodes rentables pour le suivi continue du couvert forestier et des changements du couvert forestier dans un futur cadre REDD. Pour atteindre ces objectifs, la couverture forestière a été évaluée en utilisant l’imagerie satellitaire optique disponible dans une analyse complète du territoire de la zone d'étude pour trois époques: 1990, 2000 et 2005. Les images satellites Landsat TM / ETM (1990 et 2000, 2005) et DMC (2005) ont été prétraitées et pour chaque époque, la contamination avec de couverture nuageuse a été déterminée. Des données supplémentaires ont permis d’optimiser la base de données pour obtenir des couvertures complètes du territoire de la zone d’étude sans nuages.

Une unité de cartographie minimale de 5 hectares a été appliquée en raison de contraintes de temps et de coût, et suite à l’absence d’une définition nationale de la forêt pour le processus REDD, un seuil minimum de fermeture du couvert de 10% a été utilisé conformément aux lignes directrices du GIEC. Une approche de segmentation multi-temporelle a été la base de la classification des images en forêt / non-forêt pour chaque série temporelle et la détection des changements pour les périodes 1990-2000 et 2000-2005. En outre, les zones de changement ont été classées dans les 5 classes de couverture terrestre conforme au GIEC : terres cultivées, prairies, terres humides, établissements et autres terres.

La comptabilisation des émissions de carbone  

L’ONG Fundacion Amigos de la Naturaleza (FAN) de la Bolivie a collaboré avec le MINEP et la GAF en ce qui concerne l’implémentation des activités techniques pour la comptabilisation du carbone dans le projet pilote REDD. FAN a été un coordinateur principal dans le projet renommé au niveau international « Noel Kempff Mercado Climate Action Project » en Bolivie ce qui est la première activité certifiée REDD du monde. Les protocoles de surveillance et de vérification du carbone pour le projet de Noel Kempff qui a été mis en œuvre en Bolivie (BROWN ET AL. 2003) ont été adaptés pour le projet pilote REDD au Cameroun. Comme la précision de la comptabilisation du carbone peut être améliorée par la stratification de la forêt en zones ayant des caractéristiques de carbone similaires, ce fut implémenté à l’aide des bases de données du niveau 1 et 2 pour le Cameroun. Sur la base de ces protocoles une étude a été réalisée en collaboration avec le Ministère de l’Environnement et de la Protection de la Nature (MINEP) et le Ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) pour évaluer les impacts sur la biomasse et le carbone par la coupe sélective dans les différents systèmes de l’aménagement forestière. Le système de gestion des forêts le plus prédominant - que l’on appelle UFA - a été sélectionné et, afin de garantir une bonne pratique forestière, une UFA certifiée a été comparé avec une UFA non-certifiée de la même strate : les forêts denses sempervirentes de plaine.

67 points d’inventaire de la Zone d'impact du carbone (CIZ) ont été installés et mesurés dans les trouées d’une forêt récemment exploitée de la concession forestière de Pallisco. Pour estimer les stocks de carbone dans les forêts matures, 67 placettes appariées ont été installées et évalués à 50 m des points d’inventaire de la CIZ. Pour mesurer l’impact des routes forestières, des sentiers de débardage et des espaces d’entreposage du bois sur les stocks de carbone, leurs surfaces ont été mesurées.

Des mesures similaires ont été effectuées sur le site d’une concession forestière non-certifiée (SCTB) pour évaluer l’impact de l’extraction du bois. Un total de 78 Zones d'impact du carbone (CIZ), de 15 placettes de circulaire, les chemins forestiers et les sentiers de débardage ont été mesurés.

Le stock moyen de la biomasse dans les forêts denses sempervirentes de plaine a été 326,12 tC / ha. Il est donc plus élevé que les estimations des stocks de biomasse au Congo et en Bolivie, en raison du nombre d’arbres par point d’inventaire plus élevé et du plus grand diamètre moyen des arbres au Cameroun. Les impacts sur le carbone par l’exploitation forestière ont été estimés à un facteur de dommage de 1,34 tC dans la concession forestière certifiée, tandis que dans la concession forestière non-certifiée le facteur de dommage a été estimé à 1,99 tC. Les résultats indiquent que les dommages collatéraux dus à l’extraction du bois sont plus élevé dans l’UFA non-certifié que dans l’UFA certifié. L’augmentation (expansion) de certification forestière entraînera une réduction significative des impacts sur le carbone et par conséquent des émissions.

Renforcement des capacités et transfert de technologie

Le transfert de technologie dans le projet a été entrepris par le renforcement des capacités des principales parties prenantes (MINEP et MINFOF) quant à la cartographie du couvert forestier/ des changements du couvert forestier basée sur l’imagerie satellite et la comptabilisation du carbone dans le cadre de REDD. Le public cible a constitué des techniciens des deux ministères et chaque fois que possible, des institutions universitaires et des ONG ont participé. La formation a été organisée à travers la formation sur le tas, des ateliers, séminaires et réunions. Parallèlement à la formation théorique, des missions de terrain ont été organisées pour former le personnel sur l’acquisition de données réelles de terrain pour l’interprétation des images et la validation des résultats; la formation sur les mesures de biomasse a représenté également un thème central dans le cadre du renforcement des capacités du projet pilote REDD au Cameroun.

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